Eva Jospin cartonne au Grand Palais
Jospin comme Lionel. Oui c'est bien sa fille, qui fait une carrière remarquable comme plasticienne. Son truc c'est le carton, mais pas que, puisqu'elle brode aussi des tapisseries.
Ses forêts en carton font parties des ses œuvres emblématiques. Forêts qui se veulent mentales, comme un espace magique propice aux contes de notre imaginaire collectif. Ces forêts mutent en grottes puis en temples classiques. Ces constructions nous semblent produites par la simple volonté du cerveau qui pourrait imprimer en de multiples dimensions son évolution depuis que nous sommes sortis du bois.
L'exposition nous offre une introspection, non pas des délires de l'artiste, mais plus généralement de celle de l'humanité à la recherche d'une forme de beauté qui voudrait dépasser celle de la forêt. La nature est ainsi conceptualisée par le carton grâce aux doigts de fée d Eva puis transfigurée dans une forme classique propre à notre civilisation : des temples, des kiosques aux allures romantiques et intemporelles.
Cette quête d'une beauté classique n'est pas nouvelle mais l'usage du carton nous renvoie à notre propre contemporanité. Celle du fast delivery, fast fashion, fast food, et ultime pied de nez de l'artiste au biodégradable. Mais le carton c'est aussi ce cadeau inattendu avec lequel les enfants jouent le soir de Noël au détriment de jouets figés dans une forme qui laisse peu d'espace à l'imaginaire de nos enfants. Il y a chez Eva Jospin une forme d'humilité grandiose, qui vous séduit en faisant autant avec si peu.
















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