Futuroscope
Pas évident de transformer la vitrine imaginée par René Monory dans les années 80 pour moderniser l'image de la Vienne en un parc d 'attraction du XXIème siècle. Le nom de Futuroscope est lui même trop flou pour porter une thématique dans la durée.
La représentation du futur a toujours reflété d'avantage son époque que l'époque qu'elle anticipe. Le suffixe "scope" est là pour nous souffler que le thème sous-jacent de ce parc en plus d'être futuriste est l'image. Le problème c'est qu'une fois le nom du parc décortiqué nous ne sommes toujours pas très bien renseigné sur ce que l'on va voir. L'erreur serait de prendre les moyens pour des fins. Ce qui semble malheureusement être le cas dans ce parc où la promesse technique des images c'est à dire la forme se substitue au fond.
Un parc qui n'a pas de héros, pas d'histoire et qui se raccroche uniquement à une vision futuriste chimérique ne peut pas perdurer. La conquête de Mars quand elle n'est pas personnifiée n'intéresse personne. Il faut alors faire appel au cinéma de Luc Besson ou au jeu vidéo avec Ubisoft pour donner plus d'épaisseur à un parc en manque d'identité. Mais c'est là aussi que le bas blesse puisqu'utiliser des franchises d'images non controlées par le Futuroscope pose lui aussi pas mal de problème.
Même si le parc ne se voulait pas un parc d'attraction au début, il doit le devenir pour être rentable et se bagarrer à armes égales avec le Parc Astérix et Le Puy du fou ses deux plus proches concurrents français qui semblent mieux nés. Arthur et les Minimoys ou Les lapins crétins peuvent booster la participation mais ils contribuent aussi à brouiller un peu plus l'image du parc. Le Futuroscope se cherche parce que le futur n'est pas un thème. On ne le maitrise pas. Et à vrai dire on se fiche pas mal des avancées technologiques mises en œuvre pour nous divertir, on veut vivre une aventure pas des performance techniques derniers cris.
Le Futuroscope s'apparente d'avantage à ces expositions universelles éphémères qui veulent nous vendre un future technique et dont l'arrogance conduit le plus souvent à des désastres financiers.
C'est en 1997 que le parc atteint 2,9 millions de visiteurs depuis les repreneurs tous les 10 ans vont essayer de trouver un nouveau souffle qui mettrait définitivement le Futuroscope en orbite sans jamais revenir à ce niveau record de visiteurs.
Aujourd'hui la visite du site entasse les projets anciens et nouveaux avec des partenaires qui passent la main et des constructions futuristes qui accusent parfois un sérieux coup de vieux. On s'amuse finalement plus à débouler à fond dans les rues d'un village derrière une 2CV plutôt que de voler vers Mars dans un improbable wagonnet de foire futuriste. Je ne vois pas d'avenir pour ce parc qui aime le cosmos mais qui n'a pas d'univers ni de héros pour l'incarner. Faute de trouver son thème, le Futuroscope est train de devenir un parc sans futur.

































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