Jim Queen


Le film est une introspection du milieu gay parisien, mais avant de vous faire découvrir les nombreuses facettes de ce milieu, il commence surtout par en évacuer beaucoup d'autres. C'est bien là le premier mérite de ce film d'animation hilarant, il se concentre uniquement sur le milieu gay masculin. Plus la peine dans ce contexte de vouloir inclure tout le monde dans un acronyme à rallonge. Le "G" dans la liste.
Le film a mis 7 ans pour trouver son financement. Il faut dire que les réalisateurs n'y vont pas avec le dos de la cuillère pour nous dépeindre le folklore du Marais. Typologie que l'on retrouve à vrai dire dans toute les grandes métropole gay friendly. Attention ce film d'animation ne va donc pas forcément de paire avec film familiale, c'est Toy story mais pour les grands. Pourtant bien que très explicite le film n'est pas vulgaire.

Le film se nomme Jim Queen en référence aux GYM QUEEN qui passent leur vie dans les salles de musculation pour se faire un corps qui puisse émerveiller tous ceux qui pratiquent ce culte. Le monde gay prône la tolérance mais quand on y met les pieds on se fait vite rejeter si on échappe à l'une des cases de ce mini monde très codifié voire fétichiste. 

La trame romantique du film peut faire penser au film Pillion où les contraires s'attirent et se détruisent par défiance. Jim Queen fait un tour à 360° de tout ce que le monde gay depuis les années 80 a pu charrier comme stéréotypes. Je ne me lancerai pas dans la liste, allez voir le film mais c'est toujours bien vu et malgré la distance que produit l'animation les références collent toujours de très près au gay Paris d'aujourd'hui.

Reste la morale de l'histoire et là on sent que tous le monde n'est pas forcément d'accord. Certains voient la normalisation des gays comme une bonne chose, ils se marièrent et adoptèrent beaucoup d'enfants, d'autres comme les réalisateurs semblent plus enclin à ne pas répéter la cellule familiale dans un monde qui n'a pas forcément besoin de s'inspirer de la norme hétérosexuelle pour être heureux en amour.

Ce film a le mérite de faire une sorte de reboot du coming out de la communauté gay masculine en général alors que le monde hétérosexuel, en grande majorité, semble encore coincé sur une version Cage aux folles des homos parisiens. Jim Queen remet les pendules à l'heure sur le monde gay d'aujourd'hui qui reste toujours aussi intimidant quand on vient de province et qu'on y met les pied pour la première fois.

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